Des Damiers à la Coupole : priorité aux investisseurs au détriment des Courbevoisiens
C'est en effet la question que l'on peut légitimement se poser lorsque l'on voit les projets qui fleurissent à la Défense. Nous ne sommes pas forcément contre ces projets mais la manière dont ces dossiers sont traités nous laissse perplexes.
Concernant la couverture de la RD7, ce projet consistant à ouvrir La Défense sur la Seine serait plutôt positif mais nous ne sommes pas dupes : ceci est complètement lié au projet Hermitage, signé le 19 juin dernier, en présence des chefs d'Etat français et russe, alors qu'une semaine auparavant le directeur général de l'EPAD nous affirmait de façon péremptoire que rien n'était fait. Notre groupe est intervenu lors du conseil municipal du mois de juin pour réaffirmer notre attachement à une véritable concertation et non une parodie. En effet, quelle concertation y aura-t-il sur ce projet de couverture de RD7 lorsque tous les habitants des Damiers auront été délogés ? Mais il fallait les faire partir avant que la concertation préalable ne fasse ressortir ouvertement et clairement la colère de ces habitants et qu'on ne pouvait les mettre dehors, sans penser la reconstruction de ce quartier pour eux et avec eux.
Autre projet sur La Défense, autre mascarade : La Coupole. Ce centre commercial de proximité, à taille humaine, est aujourd'hui le coeur d'une bataille qui prêterait à sourire, s'il n'y avait pas des commerçants, des habitants et des clients menacés par le couperet des arrêtés municipaux successifs. Un premier arrêté prévoyait la fermeture du centre, pour mise aux normes de sécurité, le 31 mai, puis repoussée au 30 juin. Nouvel arrêté le 30 juillet prévoyant, cette fois, la fermeture du centre, le Club Med Gym excepté. Pourquoi une telle exception ? Toutes les parties du centre ne sont-elles pas amiantées ? Le pire est que cette tragédie humaine est prévue depuis 2007, lors du premier passage de la commission de sécurité. L'EPAD avait préféré ne pas réaliser les travaux et tenté de revendre le centre à une société foncière courant 2010. Alors que le centre devrait être fermé, les commerçants ont décidé de résister face aux pressions (constructions de murs devant les commerces, agression physique, contrôles administratifs...) car au moment où nous écrivons, ils n'ont toujours pas été indemnisés, notamment pour pouvoir licencier. Qu'en pense le Maire de Courbevoie, vice-président de cet établissement public qui se comporte en voyou ?
Patrick Bolli et Franck Parmentier
Le 3 juin dernier, s'est tenue une réunion publique à l'école Anatole France, pour présenter l'avancement du projet de l'aménagement du parc de Bécon. En cette soirée ensoleillée, outre les élus représentant tous les groupes politiques de notre ville, la salle était bien remplie, preuve que le sujet mobilise les habitants. Il s'agissait de la seconde réunion publique, la première ayant été consacrée à la présentation du questionnaire pour recueillir les avis.
Après une présentation des différentes phases de travaux et de recommandations de la DIREN (Direction régionale de l'Environnement), un film un peu succinct et l'intervention du Maire, la parole a été donnée à la salle. De nombreux sujets ont été évoqués : la probable suppression ou réduction des courts de tennis (frein important à la décision...), le nombre et l'état des bancs, les incontournables déjections canines, les éventuelles nuisances sonores, la rénovation du Pavillon des Indes et celui de Norvège, l'avenir du cinéma, le musée, le kiosque à musique (mobile ou permanent), l'épanouissement des arbres, la biodiversité avec notamment le nichage des oiseaux, la liaison avec l'aménagement des Berges de Seine, les possibilités de concilier l'esthétique et l'esprit du parc avec les accès pour handicapés, les connexions avec les pistes cyclables et la possibilité de parkings vélo,....les habitants avaient beaucoup à dire !
Mais ce projet a-t-il des chances d'aboutir rapidement ? Rien n'est moins sûr ! Il faudrait pour cela une volonté politique forte et une programmation claire pour pouvoir lancer le concours d'architecte...et surtout l'argent nécessaire !. Or, en plus des incertitudes qui persistent sur le programme, le financement reste encore à assurer pour une opération estimée à environ 11 millions d'euros au total. Bernard Accart, Adjoint au Maire, a rappelé que la Ville ne pouvait supporter seule ce coût et sollicitait le concours financier du Conseil régional et du Conseil général, ainsi que d'autres organismes (Agence de l'Eau,...). Un vrai "parcours du combattant", selon lui, dépendant du calendrier des uns et des autres. Ainsi, Daniel Courtès, conseiller général a bien précisé que rien n'était acquis pour la subvention du Conseil général, pour lequel le Parc de Bécon, ne serait pas forcément une priorité.
60 à 65 % du coût de ce réaménagement, soit plus de 7 millions d'euros, resteront donc à la charge de la Ville. En a t-elle les moyens ? Rien n'est moins sûr lorsque l'on constate l'augmentation régulière de nos dépenses de fonctionnement et la réduction d'années en années de notre capacité d'autofinancement, alors que d'autres gros projets d'investissements sont attendus : la rénovation du stade de Courbevoie (pour lequel la Ville a déjà dépensé pour rien plus de 3 millions d'euros!), ou encore l'aménagement d'une passerelle à la gare de Bécon, estimé à près de 2,5 millions à la charge de la Ville (sur un coût total de près 8 millions).
La Ville avance en fait à l'aveugle sur le dossier du Parc de Bécon, sans avoir fait les choix préalables...et toute cette réflexion risque de prendre des années avant de pouvoir se concrétiser : 2 ans après le début de ce mandat et sa réélection, la Municipalité n'a toujours pas élaboré et présenté de plan pluri-annuel des investissements, qui permettrait au conseil municipal d'envisager le financement de ces équipements et de décider des priorités.
Nous resterons vigilants sur ce dossier qui s'inscrit naturellement dans notre Agenda 21.
Patrick Bolli et Franck Parmentier
Les élus MoDem des villes de la Défense (Courbevoie, Puteaux, Nanterre et la Garenne-Colombes qui se joint désormais à eux) dénoncent l’abus de pouvoir de l’extension du périmètre de la Défense et de la fusion de l’EPAD (établissement public chargé de l’aménagement de la Défense) et l’EPASA (établissement public Seine-Arche). Retrouvez leur communiqué de presse :
http://www.madefense.info/2009/09/la-fusion-epad-epasa-est-un-abus-de-pouvoir.html
Lors du dernier conseil municipal en date du 8 juillet 2009, l'opposition a assisté à un étrange manège (précurseur d'un estival ménage ?). Alors que nos conseillers municipaux MoDem interrogeaient le maire sur le futur PLU (Plan Local d'Urbanisme,) quelle n'a pas été pas leur surprise d'avoir une réponse de ... Monsieur Cesari.
Ce dernier prend la parole afin de se féliciter de ce Plan qui manifestement lui a beaucoup plu et d'affirmer son soutien total à notre bien aimé Maire pour tout ce qui concerne l'urbanisme.
Jusque là tout cela pourrait sembler bien banal mais à l'œil averti, à l'oreille attentive, une autre vérité se révèle. Tout d'abord, il est bon de préciser que Monsieur Cesari n'a nullement de délégation à l'Urbanisme : ce domaine était jusqu'ici géré en direct par ... Monsieur le Maire. Certes, en tant que conseiller municipal, M. Cesari est tout à fait dans son droit pour intervenir, mais il est étonnant de le voir répondre à la place du Maire sur ce sujet hautement sensible.
Que cela signifie-t-il ?
Rappelons quelques faits : Monsieur Cesari a été parachuté aux dernières municipales de Normandie (ancien adjoint au maire de Rouen) pour atterrir très discrètement sur la liste de Monsieur Kossowski. Cependant, il n'est pas un inconnu dans les Hauts-de-Seine : en effet, après avoir été un très proche conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur, il a été Directeur de Cabinet de Nicolas Sarkozy quand ce dernier présidait le Conseil Général et il est actuellement Directeur Général de l'UMP. Dans un article du 8 février 2007, l'Express le mentionnait parmi les « hommes clés » du « système Sarkozy ». Donc cette intervention au cours de laquelle Monsieur Cesari « soutient » le Maire quant à l'Urbanisme pourrait plutôt signifier qu'il a l'œil sur lui au service d'intérêts « plus hauts ». Si on rapproche cela de la venue de Monsieur le Président Sarkozy à La Défense pour défendre son grand Plan de Renouveau et la mise en service d'Arc Express on finit par comprendre où se situe le « plus haut ».
Alors me direz-vous : il n'est pas forcément stupide que les autorités de l'Etat, du département et de la ville se concertent sur un projet d'une telle ampleur (Comment ? Je n'ai pas cité la région ? Ah non ce n'est pas un oubli. Du moins de ma part). Oui mais au service de quoi ? De qui ? Veulent-ils faire plus d'habitations afin de résoudre ce problème de logement que les Franciliens rencontrent ? Nenni : des bureaux !!! Toujours plus de bureaux !!! Alors même que des milliers de mètres carrés sont encore vacants.
Si encore c'était pour faire de La Défense et de ses environs (dont Courbevoie) un pôle pour entreprises innovantes notamment dans les technologies vertes. Mais non, notre très cher Monarque Républicain (ou Président de Droit Divin comme vous préférez) veut faire de La Défense une nouvelle « City » pouvant concurrencer Londres !!! Est-ce vraiment la spécialisation nécessaire en ces temps de crise ? Est-il besoin de créer un pôle financier concurrent au sein de l'Europe, alors qu'on a besoin de plus de concertation européenne en matière économique ? Il nous semble que le développement durable aurait été un créneau bien plus porteur d'avenir. De plus, on accentue encore le déséquilibre parisien est-ouest : à l'ouest les emplois et les bureaux, à l'est les logements, ce qui ajoute des déplacements contraints.
Mais me direz-vous : allons il ne faut pas tout voir en noir, cela créera de la richesse dont la ville de Courbevoie pourra profiter. Il est de mon devoir de rappeler que notre cher Président veut mettre fin à la Taxe Professionnelle. Et connaissant son opiniâtreté il y arrivera. Donc de retombées budgétaires pour Courbevoie il n'y en aura point.
Tout cela amène à une question. Comment et par qui les intérêts des Courbevoisiens sont-ils défendus ? Manifestement pas par le maire actuel « tenu » par ses « amitiés » ou du moins par ses allégeances. Et même s'il avait des velléités contestataires il est manifestement sous surveillance très rapprochée. Alors qui reste t-il pour défendre les intérêts de nos concitoyens et des autres communes qui partagent le territoire de La Défense ? En réponse à cela, les élus MoDem de Courbevoie, Puteaux et Nanterre ont décidé de joindre leurs efforts pour travailler sur l'avenir de La Défense et des villes avoisinantes ainsi que pour veiller au cadre de vie des habitants trop souvent délaissés.
Vous pouvez retrouver le fruit de leur travail sur http://www.madefense.info
Salutations Démocrates
Eric Dielaine, vice-président de la section du Mouvement Démocrate de Courbevoie
Alors que l'enquête publique relative à la surélévation de la tour Manhattan se clôturait ce jeudi 16 juillet 2009, St Martins Properties Corporation, groupe anglais, propriétaire de l'immeuble, a fait savoir à la Mairie de Courbevoie sa volonté de retirer sa demande de permis de construire tout en présentant ses excuses pour le désagrément.
Le courrier en date du 8 juillet 2009 ne mentionne aucune motivation hormis le fait que cette décision a été prise lors d'un récent conseil d'administration.
Cependant, par prudence, le commissaire enquêteur a préféré assurer sa dernière permanence et rendra son rapport et ses conclusions dans un délai d'un mois.
Les conseillers municipaux MoDem de Courbevoie avaient transmis leurs observations au commissaire enquêteur et notaient le manque de respect envers l'environnement et les riverains d'un projet, par ailleurs inesthétique. Il semble d'ailleurs que ce dossier mal présenté, avec des études d'impact se limitant à des allégations du maître d'ouvrage et des argumentations très partielles, ait également fait l'objet, pendant cette enquête, d'autres courriers de plainte des maîtres d'ouvrage des futures tours du quartier (Air², D2 et Generali).
Le flou demeure toutefois quant aux raisons du retrait de ce projet qui ne semblait poser aucun problème du côté de l'EPAD. Il est fort probable qu'il soit en partie imputable aux difficultés actuelles des marchés immobiliers et financiers, qui rendent plus aléatoires les financements nécessaires. Cet exemple montre que malgré le volontarisme affiché par le Président de la République, le Plan de Renouveau de La Défense rencontre de vrais obstacles, à l'instar de nombreux autres projets aujourd'hui ajournés.
Nous espérons que ces reports seront propices à une réflexion de fond et à une réorientation du Plan de Renouveau pour que la modernisation de La Défense et de ses tours favorise réellement le développement durable de notre Ville et de notre Région.
Les élus MoDem des villes de La Défense
Fichiers attachés : article dans Le Parisien et lettre des élus de Courbevoie au commissaire enquêteur
Liens : articles de presse
http://www.batiweb.com/news/a.asp?ref=09072907&IdTis=XTC-D3FM-4ASYI-DD-HHEEF-R9X